Dans ce site, je vous ai parlé des filtres qui permettent aux fonds éthiques d’être ce qu’ils doivent être. Par exemple, on s’entend pour exclure les entreprises polluantes, les sociétés qui peuvent employer des enfants par des sous-traitants dans les pays en voie de développement. On exclu aussi, les compagnies qui sont liées à l’armement et au tabac. Enfin, il convient d’éviter les sociétés qui n’appliquent pas des normes d’équité en emploi et de pratiques de saine gouvernance administrative. Cependant, je m’apercois que la plupart des grands fonds éthiques canadiens détiennent des actions de nos grandes banques. Jusqu’à maintenant, on ne voit pas de problème. Elles ont des politiques d’embauche favorisant l’équité, elles recyclent beaucoup, donnent souvent aux bonnes oeuvres… etc.
MAIS, en ce qui concerne les salaires des hauts dirigeants, c’est la démesure. Ainsi, en 2005, John Hunkin de la CIBC était le président et chef de la direction des banques canadiennes le mieux payé. Sa rémunération a atteint 29,5 M$, soit 824,5 fois le salaire moyen d’un travailleur canadien. Est-ce vraiment ça, une entreprise “ÉTHIQUE”?
Ce n’est pas tout. Nos grandes institutions financières ont presque toutes des filiales dans les paradis fiscaux. Caïmans, Bahamas, Panama… elles facilitent ainsi l’évasion fiscale et privent le Canada et les provinces de ressources importantes pour les nombreux programmes sociaux. Est-ce normal qu’un entrepreneur qui a étudié ici à rabais, qui a reçu des subventions, crédits et déductions d’impôt… fait croître son entreprise… fini par la faire entrer en bourse ou encore la vend à des intérêts étrangers, mais qu’il détourne ses gains du système? Les millions réalisés prennent le chemin des paradis fiscaux AVEC la complicité des grands cabinets d’avocats et de comptabilité et des banques. En évacuant ainsi la taxation sur ses intérêts, cet entrepreneur ne contribue aucunement au bien-être de ses concitoyens moins bien nantis. Cela creuse encore davantage l’écart entre ultra-riches et pauvres. En 1980, le premier ministre norvégien Gro Harlem Brundtland, a défini la durabilité:«Il s’agit de la satisfaction des besoins des générations présentes sans mettre en danger la latitude des générations futures à satisfaire leurs propres besoins ». La World Business Council for Sustainable Investment a depuis adopté la même définition. Encourager directement ou indirectement les paradis fiscaux m’apparait donc en parfaite contradiction avec cette définition très juste. Je me demande d’ailleurs ce que le mouvement Desjardins (maintenant partenaire d’Ethical Funds) peut bien faire aux Bahamas, tout en continuant de prétendre être soucieux des investissements socialement responsables?
Dites-moi pourquoi certains fonds éthiques continuent de mettre des actions des banques dans leurs actifs? Ont-ils peur de perdre des alliés? Je vais poser la question à Michael Jantzi. Ses conseils de recherches sont maintenant achetés par RBC… je suis curieux d’entendre son explication.
Voici le Email, que je lui ai envoyé, le 16 décembre 2007 à 8:50
Why did you include some banking companies in your index, RBC for example? Some of my clients, are sceptics about your approach cos’ it’s not a secret… Large canadian banks help clients to hide money in their offshore branch. Often, the same clients they help with their IPOs or other kind of public offerings. Is it socially responsible? In fact, as you know, when millions getting out the country, Canada and provinces will squeeze a little bit more the middle class. Poor people going poorest and rich, richer.Yes, banks use less paper, and provided nice jobs… but is it enough?
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ça fait un petit bout de temps que je visite ton site, mais c’est la première fois que je laisse un commentaire. Juste pour te dire Bravo ! et continue ton beau travail!